Quoi surveiller pour assurer une eau de qualité à son nouveau-né?

Face aux contaminants qu'on retrouve dans l'eau, nous ne sommes pas tous égaux. Les bébés, de par leur faible poids et leur développement rapide sont plus sensibles aux effets des contaminants que les adultes, au point même où à des concentrations jugées acceptables par la loi, certains contaminants ont des effets dévastateurs sur le développement des touts-petits.

Alors, quels contaminants surveiller en priorité pour la santé de notre famille? Voici une courte liste à prioriser selon Saines Eaux.

Le vieux dont on peine à se débarrasser: le plomb

La dangerosité du plomb pour les touts-petits n’est plus à prouver. Une exposition prolongée même à de très faibles doses peut nuire irréversiblement au développement intellectuel, au comportement, à la croissance et à l'audition des nourrissons. Il n’existe tout simplement pas de niveau sécuritaire de plomb.

La plus forte association observée à ce jour est l’augmentation de la plombémie chez les enfants et la diminution des scores de quotient intellectuel (QI).
— Santé Canada

Disparu de la peinture et de l'essence depuis les années 1990, le plomb est malheureusement toujours présent dans l'eau potable de beaucoup de Québécois. On estime en effet que plus d'un demi-million de personnes (jusqu'à 360 000 à Montréal seulement) seraient exposés quotidiennement aux effets toxiques du plomb à travers l’eau qu’ils consomment. La présence de plomb dans l’eau du robinet s’explique le plus souvent par des conduites désuètes qui relient nos habitations à l’aqueduc municipal. Lorsque l’eau transite dans ces conduites, le plomb se dissout, entraînant la contamination en aval, jusqu’au robinet.

Protéger son nouveau-né des effets du plomb

La première étape en cas de doute est de procéder au dépistage de son eau pour le plomb. Puisque la contamination au plomb a souvent lieu entre l'aqueduc et nos robinets, la teneur en plomb à votre robinet peut être beaucoup plus élevée que ce qui est mesuré à l'usine de filtration de votre municipalité. Si une contamination est confirmée, pas de panique: plusieurs options de filtration à faible coût sont disponibles sur le marché pour une solution à court terme - surveillez la norme NSF/ANSI 53 pour la réduction du plomb. Il faut par contre savoir que seul le remplacement de la tuyauterie fautive mettra définitivement fin au problème.

Ça touche qui?

Population particulièrement à risque

  • Femmes enceintes (foetus) et enfants de moins de 6 ans.

Concentration maximale recommandée par Saines Eaux:

0 μg/l

 

Un poison bien connu: l'arsenic

Arsenic provient du grec arsenikos, qui signifie « qui dompte le mâle », en raison de sa forte toxicité. Les effets de ce métalloïde sur la santé humaine sont multiples et bien documentés; chez les enfants, plusieurs études épidémiologiques ont observé, à l'instar du plomb, une association entre l’exposition à l’arsenic et l’apparition de troubles neuro-développementaux et comportementaux

Sa présence dans l’eau potable est le plus souvent attribuable à une présence naturelle dans la roche. On doit donc faire particulièrement attention à la présence de ce contaminant lorsque notre eau provient d'un puits - autant municipal que privé. L'analyse des données de qualité de l'eau des réseaux de distribution québécois a révélé que 78 d'entre eux présentaient des concentrations en arsenic supérieures à la norme actuelle de 10 µg/l. Dans les puits privés, des concentrations élevées en arsenic ont été mesurées dans les régions de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec, de l’Abitibi-Témiscaminque et de l’Estrie. L'Abitibi-Témiscamingue serait particulièrement touchée par ce type de contamination en lien avec la forte présence d'arsenic d'origine naturelle le long de la faille de Cadillac. 

Protéger son nouveau-né des effets de l'arsenic

Si votre eau provient de l'aqueduc et que vous habitez l'une des région citées, consultez le bilan de qualité de l'eau de votre municipalité ou contactez directement celle-ci. Si votre eau provient d'un puits privé, vous devriez avoir en main une analyse complète de la qualité d'eau de votre eau incluant l'arsenic. Sinon, une analyse physico-chimique complète de l'eau de votre puits est à prioriser.

En cas de contamination, de nombreux filtres existent pour enlever l'arsenic de l'eau; regardez pour la norme NSF/ANSI 53 pour la réduction de l'arsenic. Comme la contamination est le plus souvent d'origine naturelle, il n'y a pas de moyens de remédier définitivement à la présence d'arsenic dans l'eau mis à part le changement de la source d'eau.

Ça touche qui?

  • Résidents dont l'eau provient d’un puits privé

  • Résidents de l'Abitibi-Témiscamingue (en priorité), de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec et de l’Estrie.

Population à risque

  • Femmes enceintes (foetus) et enfants de moins de 6 ans.

Concentration maximale recommandée par Saines Eaux

0 μg/l

 

Les dérivés du chlore: les trihalométhanes

Les trihalométhanes (THM) sont des sous-produits de la chloration de l’eau formés principalement par la réaction du chlore avec des substances organiques présentes dans l’eau. Les concentrations les plus élevées de THM se trouvent dans l’eau traitée provenant de sources contenant beaucoup de matières organiques, comme les lacs et les rivières.

Des études épidémiologiques soulève la possibilité d’une association entre l’exposition aux THM par la consommation d’eau potable pendant la grossesse et certains effets comme des retards de la croissance foetale, des avortements spontanés et des malformations congénitales.

Au Québec ce sont les petits réseaux qui fournissent une eau de surface chlorée sans autre traitement préalable qui sont les plus vulnérables à une contaminations aux THM. Un peu plus de 15 % de ceux-ci sont susceptibles de présenter des concentrations annuelles moyennes de THM supérieures à 100 μg/l. Des données datant de 2012 font état de soixante-six municipalités au Québec, réparties sur l'ensemble du territoire, dont l'eau était contaminée aux THM. 

Se protéger des effets des trihalométhanes

En cas de contamination, de nombreux solutions existent pour filtrer les THM. Encore une fois, surveillez la norme NSF/ANSI 53 pour la réduction des trihalométhanes. Pour les femmes enceintes, on recommande également des filtres de douches, puisque ces substances sont très volatiles et peuvent être facilement respirées.

Ça concerne qui?

  • Résidents de municipalités avec un historique de contamination aux THM

  • Résidents dont l'eau provient de petits réseaux de distribution alimentés par de l'eau de surface (fleuve, lac, rivières)

Populations à risque:

  • Femmes enceintes (foetus)

Concentration maximale recommandée par Saines Eaux: 80 μg/l (normes canadienne)

 

Des contaminants connus pour avoir des effets nuisibles sur la santé des enfants sont toujours présents dans l'eau de nos robinets, ici-même au Québec. Il est important d'être à l'affût de ceux-ci, surtout lorsque nous faisons partie de la population à risque.

La première étape est de s'informer auprès de sa municipalité lorsqu'on est raccordé à un aqueduc et/ou de procéder au dépistage de son eau. En cas de contamination, pas de panique, des solutions de filtration simples et abordables existent pour la plupart des contaminants.

Saines Eaux propose un dépistage rapide et abordable du plomb dans l'eau potable. Accessible ici. Ou ici.  

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leo tremblayCommentaire